"Ne t'arrête pas de courir" Mathieu Palain - éd L'iconoclaste

"Je voulais qu'il change. Qu'il s'en sorte.

Qu'il arrête de voler et qu'il devienne champion olympique. Je rêvais. Je refusais de voir une réalité que pourtant il ne me cachait pas. "

De chaque côté du parloir de la prison, deux hommes se dévoilent.

L'un, Mathieu Palain, est devenu journaliste et écrivain alors qu'il se rêvait footballeur.

L'autre, Toumany Coulibaly, cinquième d'une famille de dix-huit enfants, est un athlète hors normes et un braqueur de pharmacies. Champion le jour, voyou la nuit : il y a une " énigme Coulibaly " que Mathieu Palain tente d'éclaircir autant qu'il s'interroge sur lui-même. "

L'enfermement, l'amitié et la délinquance, pourquoi certains s'en sortent et d'autres pas : "J'ai longtemps tourné autour de ces obsessions. Et puis j'ai rencontré Toumany. "

"Etat des lieux" Deborah Levy - éd du Sous-sol

"État des lieux", fait suite à deux petits opus "Ce que je ne veux pas savoir" et "Le Coût de la vie", prix Femina étranger 2020. Deborah Levy clôt avec ce troisième récit son projet d'"autobiographie en mouvement', ou comment écrire sa vie sans mode d'emploi.

Nous avions quitté Deborah Levy gravissant sur son vélo électrique les collines de Londres et écrivant dans une cabane au fond d'un jardin. Nous la retrouvons, plus impertinente et drôle que jamais, prête à réinventer une nouvelle page de sa vie. Tandis que ses filles prennent leur envol, elle nous emmène aux quatre coins du monde, de New York aux îles Saroniques en passant par Mumbai, Paris ou Berlin, tissant une méditation exaltante et follement intime sur le sens d'une maison et les fantômes qui la hantent.


Entremêlant le passé et le présent, le personnel et le politique, la philosophie et l'histoire littéraire, convoquant Marguerite Duras ou Céline Sciamma, elle interroge avec acidité et humour le sens de la féminité et de la propriété.

 

"Mémorial Drive" Natasha Trethewey - éd Seuil

Le 5 juin 1985, Gwendolyn est assassinée par son ex-mari, Joel, dit " Big Joe ". Plus de trente ans après ce drame qui a changé sa vie, Natasha Trethewey, sa fille, affronte enfin sa part d'ombre en se penchant sur le destin de sa mère.

Tout commence par un mariage interdit entre une femme noire et un homme blanc dans le Mississippi. Suivront une rupture, un déménagement puis une seconde union avec un vétéran du Vietnam. À chaque fois, Gwendolyn pense conquérir une liberté nouvelle. Mais la tâche semble impossible. Elle est toujours rattrapée par la violence.

Dans ce récit déchirant, Natasha Trethewey entremêle la trajectoire des femmes de sa famille et celle d'une Amérique meurtrie par le racisme. Elle rend à sa mère, Gwendolyn Ann Turnbough, sa voix, son histoire et sa dignité.

 

 

"Changer : méthode" Edouard Louis - éd Seuil

Le dernier récit autobiographique d'Edouard Louis est une analyse très aboutie sur les raisons qui ont amené ce jeune auteur à mettre en mots, au fil de ses livres, son parcours de transfuge de classe.

Les humiliations fondatrices, les fuites, le besoin d'imitation, le rejet de son milieu d'origine, les rencontres et la nécessité vitale de se réinventer toujours et toujours.

Un récit précis bouleversant dans lequel chaque mot est pesé et qui ne donne aucune prise à une vision romanesque de sa trajectoire.

A lire absolument.

 

 

 

  

"Seule en sa demeure" Cécile Coulon - éd L'Iconoclaste

"Le domaine Marchère lui apparaîtrait comme un paysage après la brume. Jamais elle n'aurait vu un lieu pareil, jamais elle n'aurait pensé y vivre. " C'est un mariage arrangé comme il en existait tant au XIXe siècle. À dix-huit ans, Aimée se plie au charme froid d'un riche propriétaire du Jura. Mais très vite, elle se heurte à ses silences et découvre avec effroi que sa première épouse est morte peu de temps après les noces. Tout devient menaçant, les murs hantés, les cris d'oiseaux la nuit, l'emprise d'Henria la servante. Jusqu'au jour où apparaît Émeline. Le domaine se transforme alors en un théâtre de non-dits, de désirs et de secrets enchâssés, " car ici les âmes enterrent leurs fautes sous les feuilles et les branches, dans la terre et les ronces, et cela pour des siècles ". 

  

"Le voyant d'Etampes" Abel Quentin - éd L"Observatoire

« J'allais conjurer le sort, le mauvais oeil qui me collait le train depuis près de trente ans. Le Voyant d'Étampes serait ma renaissance et le premier jour de ma nouvelle vie. J'allais recaver une dernière fois, me refaire sur un registre plus confidentiel, mais moins dangereux. » Universitaire alcoolique et fraîchement retraité, Jean Roscoff se lance dans l'écriture d'un livre pour se remettre en selle : Le voyant d'Étampes, essai sur un poète américain méconnu qui se tua au volant dans l'Essonne, au début des années 60. A priori, pas de quoi déchaîner la critique. Mais si son sujet était piégé ? Abel Quentin raconte la chute d'un anti-héros romantique et cynique, à l'ère des réseaux sociaux et des dérives identitaires. Et dresse, avec un humour délicieusement acide, le portrait d'une génération.

 

 

 

"Mon mari" Maud Ventura - éd L'iconoclaste

"Excepté mes démangeaisons inexpliquées et ma passion dévorante pour mon mari, ma vie est parfaitement normale. Rien ne déborde. Aucune incohérence. Aucune manie. "

Elle a une vie parfaite. Une belle maison, deux enfants et l'homme idéal. Après quinze ans de vie commune, elle ne se lasse pas de dire " mon mari ". Et pourtant elle veut plus encore : il faut qu'ils s'aiment comme au premier jour. Alors elle note méthodiquement ses " fautes ", les peines à lui infliger, les pièges à lui tendre. Elle se veut irréprochable et prépare minutieusement chacun de leur tête-à-tête.

Elle est follement amoureuse de son mari. Du lundi au dimanche, la tension monte, on rit, on s'effraie, on flirte avec le point de rupture, on se projette dans ce théâtre amoureux.

Un premier roman particulièrement réussi, drôle mais pas tant que cela car il entraîne le lecteur dans les méandres d'une névrose que l'on ne souhaite à personne. Le parti pris d'en parler avec humour, et dans une forme littéraire très originale, nous conduit au plus près des affres de la narratrice et interroge bien évidemment sur la construction toxique d'une certaine idée de la féminité.

"Madame Hayat" Ahmet Altan - éd Actes Sud

 

Une histoire d’amour magnifique, celle d’un jeune homme pour une femme d’âge mûr qui éclaire et modifie son regard sur le sens de la vie.

Un livre où la littérature, premier amour de ce garçon, devient vitale. Car dans une ville où règne l’effroi, seul l’imaginaire sauve de l’enfermement…

 

 

 

 

 

 

"True story" Kate Reed Petty - éd Gallmeister

Talentueuse mais solitaire, Alice Lovett prête sa plume pour écrire les histoires des autres. Pourtant elle reste hantée par la seule histoire qui lui échappe : sa propre vie. Une simple rumeur, lancée en ce lointain été 1999 par deux ados éméchés, a embrasé en un rien de temps toute la communauté. Que s'est-il réellement passé sur la banquette arrière de cette voiture alors qu'ils ramenaient Alice, endormie, chez elle ?

Accusations, rejets, déni, faux-semblants... la réalité de chaque protagoniste vacille et reste marquée à tout jamais. Et quand le présent offre une chance de réparer le passé, comment la saisir ? Faut-il se venger ou pardonner ? Ou mieux vaut-il tout oublier ? Mais peut-on oublier ce qu'on n'a jamais vraiment su ?

 

 

 

 

"Rêver debout" Lydie Salvayre - éd Seuil

« Pourquoi, Monsieur, expliquez-moi pourquoi, vous moquez-vous de votre Quichotte lorsqu’il ne s’accommode pas de ce qu’on appelle, pour aller vite, la réalité ? ». Une femme d’aujourd’hui interpelle Cervantes, génial inventeur de Don Quichotte et du roman éponyme, dans une suite de quinze lettres. Tour à tour ironique, cinglante, cocasse, tendre, elle dresse l’inventaire de ce que le célèbre écrivain espagnol a fait subir de mésaventures à son héros pourfendeur de moulins à vent.
Convoquant ainsi l’auteur de toute une époque pour mieux parler de la nôtre, l’autrice de "Pas pleurer" brosse le portrait de l’homme révolté par excellence, animé par le désir farouche d’agrandir une réalité étroite et inique aux dimensions de son rêve de justice. Un livre-manifeste, autant qu’un vibrant hommage à un héros universel et à son créateur.


 

"La plus secrète mémoire des hommes" Mohamed Mbougar Sarr - éd Philippe Rey

En 2018, Diégane Latyr Faye, jeune écrivain sénégalais, découvre à Paris un livre mythique, paru en 1938 : Le labyrinthe de l’inhumain. On a perdu la trace de son auteur, qualifié en son temps de « Rimbaud nègre », depuis le scandale que déclencha la parution de son texte. Diégane s’engage alors, fasciné, sur la piste du mystérieux T.C. Elimane, se confrontant aux grandes tragédies que sont le colonialisme ou la Shoah. Du Sénégal à la France en passant par l’Argentine, quelle vérité l’attend au centre de ce labyrinthe ? Sans jamais perdre le fil de cette quête qui l’accapare, Diégane, à Paris, fréquente un groupe de jeunes auteurs africains : tous s’observent, discutent, boivent, font beaucoup l’amour, et s’interrogent sur la nécessité de la création à partir de l’exil. Il va surtout s’attacher à deux femmes : la sulfureuse Siga, détentrice de secrets, et la fugace photojournaliste Aïda… D’une perpétuelle inventivité, La plus secrète mémoire des hommes est un roman étourdissant, dominé par l’exigence du choix entre l’écriture et la vie, ou encore par le désir de dépasser la question du face-à-face entre Afrique et Occident. Il est surtout un chant d’amour à la littérature et à son pouvoir intemporel.

Prochainement

Prochaines rencontres.

Les rencontres se déroulent à la Bibliothèque Benoîte Groult. Elles sont initiées et animées par la Librairie d'Odessa. Inscription conseillée auprès de la librairie ou de la bibliothèque.

Séance de dédidaces, samedi 19 novembre, entre 17h et 18h30. Nous recevrons Anaïs Nighoghossian pour un livre témoignage sur l'anorexie "Dix sept heures douze, place d'Italie".

Jeudi 24 novembre à 19h. "Féminicides"

 feminicides

Dans le cadre de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, nous vous invitons à venir écouter Christelle Taraud qui a dirigé l’ouvrage collectif "Féminicides. Une histoire mondiale." publié en septembre 2022 aux éd La Découverte. Elaboré par une centaine de spécialistes, cet essai explore de manière très rigoureuse, cette guerre faite aux femmes depuis la nuit des temps, des chasses aux sorcières médiévales aux tueries masculinistes contemporaines. Un ouvrage d'une ampleur inédite qui dévoile, chiffres à l'appui, les ravages de ce fléau et qui analyse les représentations culturelles qui nourrisssent ces crimes. La rencontre se déroulera à la Bibliothèque - Réservation conseillée.

Jeudi 1er décembre à 20h : " Par-delà l'attente" 

pardelalattente 

Julia Minkowski signe avec ce deuxième récit le portrait de l'avocate des soeurs Papin, Maître Germaine Brière, figure oubliée de l'histoire. Avocate, Julia Minkowski plonge dans la psyché de sa consoeur, construit avec elle sa plaidoirie et nous fait revivre un fait divers qui ne cesse de fasciner. Julia Minkowski a déjà publié "L'avocat était une femme". La soirée se déroulera à la librairie, à partir de 20h. Réservation recommandée.

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