"Le grand marin" Catherine Poulain - éd Points

Dans ce premier roman largement autobiographique, Lily, une petite femme à la voix fluette, éprise d’espace et de liberté, quitte la France pour partager la vie des pêcheurs de morue et de flétans dans les eaux glaciales au large de l’Alaska. Elle se bat quotidiennement pour se faire admettre par ces hommes au parcours chaotique et douloureux qui n’empêche pas la tendresse. Des phrases courtes, souvent poétiques, nous permettent d’être dans l’histoire. Avec Lily, on vit la tempête, le froid, l’humidité, les nuits sans sommeil et les étapes dangereuses et rudes de la pêche. On vit aussi l’inactivité au port, en attente d’un nouvel embarquement, la recherche d’un hébergement précaire et les moments partagés dans les bars avec les autres marins. Aucun pathos dans ce récit de l’extrême, mais de la tendresse et beaucoup de poésie. Un livre magnifique.SF/Club de lecture

"La cache" Christophe Boltanski - éd Folio

Que se passe-t'il quand un homme qui se pensait bien français doit se cacher des siens, chez lui, en plein Paris, dans un "entre-deux" comme un clandestin ? Nous sommes rue de Grenelle, durant l'occupation et le grand-père de C. Boltanski y a vécu à l'abri des regards durant de long mois. Ce qu'il reste de cette période traumatisante, c'est un appartement qui se dessine comme un plateau de cluedo, des objets anodins qui deviennent indices et ouvrent des portes dérobées, des traces, des habitudes qui perdurent. Cet appartement familial est le personnage principal de ce drôle de roman, il a façonné les êtres qui y restent attachés. C. Boltanski a eu besoin de sonder les murs et les recoins de cet appartement qui protégea sa famille mais l'emmura aussi en quelque sorte et de demander aux autres membres de la famille ce qu'il a signifié pour eux. 

"Il reste la poussière" Sandrine Colette - Livre de Poche

 

Un roman noir, très noir, sur lequel souffle un vent glacial et pénétrant. Une famille d'éleveurs, un domaine menacé en Patagonie. Une mère autoritaire dirige d'une poigne de fer l'exploitation qu'elle tente de maintenir à flot avec ses quatre fils. Le plus jeune, Raphaël, quasi mutique, écrasé par la violence de ses aînés, l'indifférence de sa mère, va desserrer l'étau qui l'enchaîne à cette famille. Récit magistralement mené, envoûtant et complètement prenant. Une grande découverte déjà partagée avec de nombreux lecteurs à la librairie.

 

"Un dernier verre au bar sans nom" Don Carpenter - éd 10/18

Fin des années 50, entre San Francisco et Portland, un groupe de jeunes écrivains rêvent d'écrire le livre de leur vie. Jaime, jeune étudiante en littérature, possède des facilités évidentes mais peine à trouver le sujet de son premier roman. Charlie, qui revient de la guerre de Corée, souhaite écrire le "Moby Dick" de la guerre, il a réuni plusieurs centaines de pages manuscrites mais n'arrive pas à trouver la forme et le style pour retranscrire son expérience. Le jeune couple, Jaime et Charlie, fait la connaissance d’autres jeunes écrivains en quête de gloire, comme le flamboyant Dick Dubonet, dont les nouvelles recueillent rapidement un vif succès ou encore Stan Winger, délinquant multirécidiviste qui fera plusieurs séjours en prison et qui va se découvrir un vrai talent pour l'écriture de romans policiers.

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"Miniaturiste" Jessie Burton - éd Folio

"Nella Oortman a dix-huit ans quand elle rejoint Amsterdam pour retrouver l'homme qui l'a épousée : Johannes Brandt. Riche marchand qui vit dans une opulente demeure au bord du canal. En guise de cadeau de mariage, Johannes offre à son épouse une maison de poupée, représentant leur propre intérieur. La jeune fille entreprend de la meubler grâce aux talents d’un miniaturiste. Les fascinantes créations de l’artisan permettent à Nella de lever peu à peu le voile sur les mystères de la maison Brandt avant de prendre en main son destin et de donner une tournure très romanesque au récit. Une lecture haletante, entrainée par une succession de rebondissements, et enrichissante dans sa description de cette « ville monde » principal carrefour commercial au 17 ème siècle. Un roman d’aventures et de suspens brillamment mené par un jeune écrivain britannique.

 

"Titus n'aimait pas Bérénice" Nathalie Azoulai - éd Folio

Titus n’aimait pas Bérénice alors que Bérénice pensait qu’il l’aimait. Titus est empereur de Rome, Bérénice, reine de Palestine. Ils vivent et s’aiment au Iᵉʳ siècle après Jésus-Christ. Racine, entre autres, raconte leur histoire au XVIIᵉ siècle. Mais cette histoire est actuelle : Titus quitte Bérénice dans un café. Dans les jours qui suivent, Bérénice décide de revenir à la source, de lire tout Racine, de chercher à comprendre ce qu’il a été, un janséniste, un bourgeois, un courtisan. Comment un homme comme lui a-t-il pu écrire une histoire comme ça ? Entre Port-Royal et Versailles, Racine devient le partenaire d’une convalescence où affleure la seule vérité qui vaille : si Titus la quitte, c’est qu’il ne l’aime pas comme elle l’aime. Mais c’est très long et très compliqué d’en arriver à une conclusion aussi simple.Titus n’aimait pas Bérénice alors que Bérénice pensait qu’il l’aimait. Ils vivent et s’aiment au Iᵉʳ siècle après Jésus-Christ. Racine, entre autres, raconte leur histoire au XVIIᵉ siècle. Mais cette histoire est actuelle : Titus quitte Bérénice dans un café. Prix Médicis 2015.

 

"Pas exactement l'amour" Arnaud Cathrine - éd Folio

«Il n’aimait pas dormir, contrairement à elle. Dormir signifiait : quitter l’autre. Même enlacés au lit, cela revenait quand même bien à quitter l’autre. Qui s’endormirait (s’éloignerait de l’autre) le premier ? Qui céderait le premier à l’insignifiante et ordinaire trahison ?» Passant de l’humour à la gravité, de la confidence à l’outrage, de la pudeur à la sensualité résolue, Arnaud Cathrine revisite, au fil de dix nouvelles, un motif universel, fluctuant et insaisissable. 

 

 

 

"L'autre Joseph" K. Davrichewy - éd 10/18

Avec sobriété et naturel, la romancière entre de plain-pied dans l’enfance de « l’autre Joseph » : fils du préfet de Gori, il est élevé au milieu des gamins des rues, fascinés comme lui par les légendes bibliques et les bandits caucasiens. Même s'il partage avec le petit Djougachvili des rêves d’héroïsme et de grandeur, son camarade – exalté, batailleur et arrogant – l'agace. D'autant qu'on ne cesse de souligner leur ressemblance physique, frappante en effet. Des rumeurs ne circulent-elles pas sur une liaison entre le préfet Davrichewy et la mère de Sosso ? Comme autant de ponctuations rythmant les tumultueuses aventures des deux jeunes gens, des chapitres plus personnels interrogent le destin familial : qu'en aurait-il été des Davrichewy si, depuis sa tendre enfance, Joseph n'avait pas été obligé de prendre en compte son encombrant camarade – et supposé demi-frère ?

 

"Americanah" Chimamanda N. Adichie - Folio

Chimamanda Ngozi Adichie examine, avec un humour caustique la question de la race et du racisme aux Etats-Unis. Sa narratrice Ifemelu, native du Nigéria, s'installe aux Etats-Unis pour poursuivre ses études. Assez rapidement elle crée un blog afin de partager ses interrogations sur les manières de vivre, de penser et de se comporter dans ce pays. Véritable centre d'observation sociologique, ce blog s'intitule « Observations diverses sur les Noirs américains par une Noire non-américaine ». Le blog devient rapidement une référence, ce qui permet à Ifemelu d'en vivre correctement. Pourtant au bout de quinze années d'exil, elle décide de retourner au Nigéria. Avant de partir, elle se rend dans un salon de coiffure pour retrouver la femme qu'elle fut avant, une noire non américaine, avec une identité physique qu'elle a dû contraindre pour vivre aux Etats-Unis. Le livre s'ouvre sur cette séance de coiffure mémorable, et ce salon où se croisent des femmes de toutes origines. C'est par ce geste que l'héroïne quitte ce pays pour retrouver le sien et son histoire qu'elle va dérouler tout au long de ce récit passionnant et remarquable.

"L'amour et les forêts" E. Reinhardt - éd Folio Gallimard

Bénédicte Ombredanne a 35 ans, elle est agrégée de lettres et professeur, mariée et mère de 2 enfants. Elle croise le chemin de l’auteur à qui elle confie le calvaire de sa vie conjugale. On découvre avec l’avancée du roman, la personnalité de cette femme qui fantasme et idéalise sa vie mais subit dans la réalité du quotidien, l’odieux, l’insupportable harcèlement moral de son mari. Ce dernier qui en l’épousant, a conquis le droit à la normalité sociale, contraint sa femme à une vie terne et étouffante. Il profite de sa faiblesse pour la dominer et l’humilier, ce qui la rend extrêmement fragile et dépendante. On assiste sidérés et révoltés, à l’exercice répété et mortifère de cette violence morale. La force du livre réside dans la démonstration de cette brutalité qui accentue le clivage entre la vie rêvée et la cruauté de la réalité. PS. / club de lecture / Sept. 2014

 

"Joseph" Marie-Hélène Lafon - éd Folio Gallimard

Dans Joseph MH Lafon fait avec pudeur, sans pathos, sans mélancolie ni effets dramatiques mais avec empathie et une certaine tendresse le portrait d'un ouvrier agricole. Elle décrit une paysannerie actuelle qui semble appartenir au passé. L'écriture est à la fois brutale et poétique, simple, épurée, précise. Un bijou ! C.G.

 

 

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