"Tiens ferme ta couronne" Yannick Haenel - éd Gallimard

Le roman commence par la phrase «A cette époque j'étais fou». Le narrateur donne le ton, il vit depuis plusieurs mois reclus dans un studio parisien, relit Mobydick et se passe en boucle «Voyage au bout de l'enfer» et « Apocalypse now». Il flirte avec des états limites qui le laissent parfois sans prise sur les événements.  Auteur de plusieurs romans, il a écrit un scenario de 700 pages sur l'écrivain Herman Melville. Aucun producteur ne veut financer ce projet qui a l'ambition de nous dévoiler l'esprit du créateur de «Mobydick». Un seul cinéaste serait à ses yeux capable de réaliser ce projet, Michael Cimino. Ce dernier a disparu des radars depuis l'échec commercial de « La porte du paradis». Qu'à cela ne  tienne, notre narrateur part à sa recherche et obtient une entrevue avec lui à New York. Il passera aussi une soirée chez Bofinger, avec Isabelle Huppert, qui travailla avec M. Cimino pour ce dernier film maudit. Le roman enchaîne des scènes aussi improbables que burlesques et le narrateur ne s'économise pas une seconde dans ses multiples aventures. C'est un récit fascinant qui se permet des écarts insensés sans pour autant perdre le fil d'une quête obsessionnelle: retrouver la trace de la beauté et de la pureté même dans des contextes d'extrême violence, comme ses maîtres, le narrateur se demande comment  «rester disponible aux manifestations fragiles de la beauté pour se sauver de l'horreur ». Yannick Haenel nous offre un roman exceptionnel, très ambitieux et particulièrement réussi.

Prochainement

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Louison dédicacera son nouvel album, "Cher François", samedi 16 décembre entre 15h et 18h. Journal dessiné malicieux qui relate les deux dernières années de la présidence de François Hollande. Louison raconte et croque en 200 pages, ce qu'elle nomme elle-même "des discussions" avec le Président, des anecdotes vécues lors de voyages officiels. Louison choisit l'autodérision, se met en scène, et raconte avec humour, à la première personne, les histoires de son point de vue. Elle nous permet ainsi d'accèder à une bulle privilégiée sans jamais y rentrer tout à fait. Pas besoin de s'intéresser à la politique pour se plonger dans ce journal dessiné, il suffit d'apprécier le trait alerte et malin de Louison et d'éprouver un peu ou beaucoup de sympathie pour François Hollande. 

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