"L'art de perdre" Alice Zeniter- éd Flammarion

L'Algérie dont est originaire sa famille paternelle n'a longtemps été pour Naïma qu'une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par des questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui ne lui a jamais été racontée ? Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu'elle n'ait pu lui demander pourquoi l'Histoire avait fait de lui un "harki". Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être lui répondre mais pas dans une langue autre que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l'été 62 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus de l'Algérie de son enfance. Comment faire ressurgir un pays du silence ? Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l'Algérie des générations successives d'une famille prisonnière d'un passé tenace. Mais ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d'être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes, sociales ou politiques. Cette vaste fresque historique, magistralement menée, nous plonge dans la tragédie que vécurent ceux que l'on appela les "harkis". Poursuivis comme traitres par le FLN, dépossédés de leurs terres, massacrés pour certains, ceux qui ont réussi à fuir en France, lors de l'indépendance de l'Algérie, se sont retrouvés parqués dans des camps de refugiés insalubres, pendant des années. Abandonnés par l'ancien pouvoir colonial qu'ils avaient servi, certains ont dû se demander s'ils avaient fait le bon choix. Ce questionnement s'invite tout au long de ce récit car nul ne sait ce qu'il adviendra quand des choix cruciaux s'imposent et nul ne peut imaginer les conséquences que représentent certaines décisions irrémédiables pour soi-même et les générations à venir.  

 

Prochainement

Rencontre avec J.B. Andrea.

Un premier roman bouleversant.

Mardi 17 octobre à 20 h.

mareine

Ce roman magnifique, singulier et inclassable, est une des plus belles découvertes de la rentrée littéraire.

Jean-Baptiste Andrea, célèbre l'enfance à travers la voix et la pensée d'un garçon de 12 ans qui souffre de troubles psychiques qui l'isolent et brouillent parfois sa perception de la réalité.

Depuis que son père lui a offert un blouson publicitaire de la marque Shell, il se fait appeler Shell. Il vit dans la vallée de l'Asse avec ses parents qui tiennent une station service. Quand il comprend qu'il sera bientôt placé dans un institut spécialisé, il fugue dans la montagne et va vivre tout un été, livré à lui-même.

Pour Shell, ce n'est pas une fuite, c'est le chemin qu'il doit prendre pour s'émanciper et devenir un homme. Il rencontre Viviane, elle apparaît comme un enchantement sur son chemin. Intrépide, effrontée, Viviane devient une compagne de jeu qui impose ses règles avec détermination. Elle sera sa "Reine". A ce titre, Shell ne pourra rien lui refuser et elle pourra tout lui demander.

Ces jeux innocents, fondés sur des défis enfantins, prennent parfois des tournures inquiètantes. Mais l'histoire appartient à Shell. C'est lui qui raconte, avec sa manière si singulière de considérer ce qui lui arrive.

 

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