"Zoomania" Abby Geni - Actes sud

A Mercy, petite ville d'Oklahoma, une tornade de catégorie 5 a dévasté le quartier et la vie de la Famille McCloud, laissant les quatre enfants orphelins, sans toit, sous la responsabilité de Darlene, l'aînée.Très vite, les médias font des trois jeunes soeurs, contre rétribution, l'image vivante, idéalement photogénique, de la tragédie. Heurté dans ses principes, Tucker, le frère rebelle, se désolidarise du clan et disparaît. Au troisième anniversaire de l'événement, Cora, la benjamine, a neuf ans. La tornade est son premier souvenir. Tucker lui manque terriblement. Le quotidien entre filles dans un mobile home a perdu de son charme. Quand une bombe explose dans l'usine de cosmétiques locale, libérant tous les animaux du laboratoire, les soeurs McCloud ne font pas tout de suite le lien. Mais c'est l'étincelle d'un tout autre cataclysme. Dans une folle cavale à travers l'Ouest américain, aux confins éperdus des jeux de l'enfance et de l'engagement militant, Zoomania met à l'épreuve les limites de l'amour et de la loyauté. Sur fond d'urgence écologique et de défense de la cause animale, entre thriller et méditation sur la nature, Abby Geni nous invite à un apprentissage de l'absolu aussi violent qu'enivrant.Une course-poursuite époustouflante de réalisme sensoriel et d’intelligence narrative. Implacable pilote de grand-huit, Abby Geni (Farallon Islands) est de retour. Accrochez-vous. 

Prochainement

Hommage à Joseph Ponthus

alaligne

Ceux qui, comme nous, ont eu la chance de découvrir en 2019 « A la ligne. Feuillets d'usine » et ont assisté ébahis à ce prodige, avoir sous les yeux un grand texte et en avoir la certitude, sont en état de sidération depuis l'annonce du décès de Joseph Ponthus, le 27 février à l'âge de 42 ans.

Nous souhaitons que toutes celles et ceux qui liront cet article se précipitent chez leur libraire afin de découvrir celui, qui en 250 pages, aura démontré ce que l'écriture peut faire passer de vie et d'émotion quand elle est juste, sans gras, rythmée et touche à l'essentiel. Quand, par la grâce d'un regard singulier, elle invente une langue qui parle à tout le monde. Nous avons assisté à ce miracle et nous souhaitons le partager avec vous. Ce texte composé de feuillets, écrits au jour le jour, en dit plus long sur la condition ouvrière au XXIème siècle en France que tous les essais de sociologie réunis. Parce que Joseph Ponthus ne trouvait pas de travail, en Bretagne où il avait rejoint sa compagne, il s'est inscrit en intérim et a immédiatement été engagé par des usines du secteur agroalimentaire, poissonneries industrielles et abattoirs, où il embaucha à toute heure du jour et de la nuit pendant deux ans et demi. La chaîne a été renommée « ligne de production », les contremaîtres sont devenus des « personnes ressources » et les ouvriers des « opérateurs de production » mais la pénibilité, les cadences, la souffrance physique n'en ont pas été atténuées pour autant. Alors pour supporter la répétition de ces rituels épuisants, l'ouvrier intérimaire Joseph Ponthus écrit tous les soirs, les mots, les images qui lui ont traversé l'esprit durant la journée. Ces feuillets d'usine deviennent un long poème en prose de 250 pages sans ponctuation qui raconte ce réel et le transforme en un texte qui a le pouvoir de faire surgir une émotion communicative qui plonge le lecteur dans cette autre réalité, la vie à la ligne sur les lignes de production.  Tout y est, au fil des pages du manuscrit, on découvre cet homme singulier, l'amoureux, le fils, le poète habité par les images, les mots des autres (Trenet, Cendrars, Dumas, Appolinaire, Aragon....) qui le sauvent de son quotidien et qu'il convoque sur la chaîne pour ne pas devenir fou. 

« Au fil des heures et des jours le besoin d'écrire s'incruste tenace comme une arête de poisson dans la gorge

Non le glauque de l'usine

Mais sa paradoxale beauté »

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