"Le chant du poulet sous vide" Lucie Rico - éd POL

« J'ai commencé à écrire Le chant du poulet sous vide comme un conte, de la même manière que le marketing crée des contes, jusqu'à nous faire croire que les animaux que nous mangeons sont d'adorables bêtes, saines et dévouées, avec lesquelles nous avons une relation. ». La mère est morte. Sa fille, Paule, revient à la ferme et à son élevage de poulets. Citadine, elle se retrouve à devoir s'occuper d'eux, les tuer et les vendre au marché. Quitte à devoir négliger son mari architecte. Mais en mettant à mort les poulets, Paule renouvelle sans cesse le deuil de sa mère. D'autant qu'elle s'attache à eux et ne parvient à les sacrifier qu'en leur rendant hommage, en écrivant leur biographie, en leur créant des stèles. Le roman est ainsi ponctué de biographies de poulet qui deviennent de plus en plus funestes. Paule trouve pour chaque petite bête un caractère. Ces biographies précèdent de peu la mise à mort. Ecrire devient à Paule aussi nécessaire que tuer. Mais Paule entend améliorer l'existence des poulets. Elle retourne en ville avec un projet d'exploitation révolutionnaire. Le passage à l'échelle industrielle n'est pas sans risque, Paule commence à douter d'elle-même. Prise à son propre piège d'humaniser la viande à consommer, d'écrire des fictions sur les poulets. Le conte que Paule s'est inventé vire à l'absurde. Les personnages principaux du livre deviennent les poulets. Et l'humanité déraille doucement, victime de ses compromis entre son désir fou de consommation et de ses stratégies de dénégation d'une réalité sanglante.

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