"Les Pays" Marie Hélène Lafon - éd Buchet Chastel

Fille de paysans du Massif Central, Claire sait depuis toujours qu'elle ne reproduira pas la vie de ses parents. Jeune fille studieuse, appliquée et opiniâtre, elle rentre à la Sorbonne en lettres classiques et s'engage à suivre un parcours difficile, et un peu hors du temps, en étudiant le latin et le grec, et ce dans l'espoir d'enseigner.
Ce magnifique récit, écrit dans une langue que l'on ne lit plus, retrace la vie d'une jeune femme pour qui, dans la capitale, tout est découverte, dans les manières de voir, de penser, de se comporter. Ses origines se rappelleront parfois à elle, un parfum au détour d'un square par exemple... elle n'éprouvera pourtant ni nostalgie, ni embarras, ce « pays » lointain, cet autre monde, étant sa force et sa liberté.

On emploie peu ou pas cette expression « les pays » ou « le pays » à Paris. Cette façon de « dire » un peu surannée est un signe de reconnaissance entre citoyens d'une même contrée. Il dit l'origine et évoque sans beaucoup de mots un patrimoine et une culture communs. Il suppose aussi la force de l'ancrage et la distance avec ceux qui ne connaissent pas ce « pays », telle une terre étrangère hors des frontières hexagonales. Marie-Hélène Lafon raconte, dans une langue magnifique, comment se portent et s'assument, avec plus ou moins de bonheur selon les individus, les origines. Pour Claire, le choix du départ s'est fait très tôt, ses goûts littéraires l'ont porté loin du « pays », qu'elle sert divinement en le racontant.

Prochainement

lombredelalune

Agnès Mathieu-Daudé, jeudi 7 décembre à 20h.

Agnès Mathieu-Daudé présentera "Un marin Chilien" et "L'ombre de la lune". Des héros presque ordinaires projetés hors de leur cadre, dans une succession d'événements invraisemblables. Il était une fois, Alberto un géologue chilien parti observer une irruption volcanique en Islande. Parce qu'il a bu un café chez la belle Thorunn il se retrouve, à son insu, propriétaire d'une conserverie de poissons hors d'usage. Blanche, trentenaire un peu guindée, travaille dans un musée, fan de football et de peinture, elle convoie une oeuvre de Goya pour une exposition au Prado. Elle se retrouve aux prises avec la mafia chinoise et bientôt fortement éprise d'Attilio, ex-mafieux sicilien qui a repris du service. Mais où vat-elle chercher tout cela ? Laissez-vous porter par les histoires insensées d'Agnès Mathieu-Daudé qui excelle dans la mise en scène de rencontres improbables en se jouant du choc des cultures avec ingéniosité et élégance. Rares sont les auteurs qui nous embarquent, dès les premières lignes, dans des récits apparemment loufoques et débridés mais qui en disent plus long qu'il ne paraît, sur la tentation romanesque tapie en chacun de nous. Deux contes pour adultes qui débordent d'énergie, deux remèdes à la mélancolie hivernale, à lire sans attendre et amicalement prescrits par votre libraire.

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