"Meursault contre-enquête" Kamel Daoud - éd Actes Sud

 

Pirouette littéraire de grande envergure, ce roman inclassable et déjà très remarqué, depuis sa sortie en juin, s'impose de toute sa force et son audace. Haroun est le frère de « l'Arabe » tué par Meursault dans « L'étranger » de A. Camus. Kamel Daoud, invente une suite à ce roman qui prit le parti d'ignorer l'identité de la victime abattue par Meursault. De ce meurtre qui servit amplement le propos de Camus ne demeure qu'un cadavre sans nom, abandonné sur une plage trop ensoleillée. K. Daoud imagine un avant et un après le décès de ce jeune algérien qu'il nomme Moussa, il lui invente une famille qui aura dû composer avec le destin tragique de ce héros. L'auteur nous plonge dans un vertige littéraire où des personnages de pure fiction s'incarnent de nouveau avec une dimension résolument humaine et contemporaine. Le sort réservé à « l'Arabe » par Camus, résumait la vision du monde colonial qui ne reconnaît pas les hommes de la terre conquise. Nous sommes dans une tragédie de l'absurde, un personnage de chair né d'une filiation avec un héros de fiction tente d'échapper à sa condition. Il devient comme le personnage de Camus, un homme qui n'arrive pas à se déterminer, qui ne réagit pas comme on le supposerait, et qui ressasse des années durant, une animosité silencieuse envers le destin qui s'est écrit pour lui, soixante dix ans auparavant.

 

Prochainement

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Louison dédicacera son nouvel album, "Cher François", samedi 16 décembre entre 15h et 18h. Journal dessiné malicieux qui relate les deux dernières années de la présidence de François Hollande. Louison raconte et croque en 200 pages, ce qu'elle nomme elle-même "des discussions" avec le Président, des anecdotes vécues lors de voyages officiels. Louison choisit l'autodérision, se met en scène, et raconte avec humour, à la première personne, les histoires de son point de vue. Elle nous permet ainsi d'accèder à une bulle privilégiée sans jamais y rentrer tout à fait. Pas besoin de s'intéresser à la politique pour se plonger dans ce journal dessiné, il suffit d'apprécier le trait alerte et malin de Louison et d'éprouver un peu ou beaucoup de sympathie pour François Hollande. 

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