Club de lecture - sélection décembre 2012

 

Sélection décembre 2012 :

 

Les pays   rue de voleurs               

 

 

Cet automne, s'est constitué à l'initiative de quelques lectrices, un club de lecture qui a réuni une dizaine de membres. Nous avions retenu huit titres choisis parmi les parutions de la rentrée littéraire 2012.

Le comité de lecture de la librairie a lu :

« Les pays » Marie-Hélène Lafon – éditions Buchet Chastel, « Rue des voleurs » Mathias Enard – éditions Actes Sud, « L'inconscience » Thierry Hesse – éd de l'Olivier, « Viviane Elisabeth Fauville » Julia Deck – éd de Minuit, « L'amour sans le faire" Serge Joncourt - éd Flammarion, « Pour seul cortège » Laurent Gaudé – éd Actes sud, « Que nos vies aient l'air d'un film parfait » Carole Fives – éd Le Passage, "Les derniers jours de Smokey Nelson" Catherine Mavrikis - éd S. Wespeiser

"Les pays" et "Rue des voleurs" ont fait l'unanimité. 

Les lectrices avaient choisi des auteurs qu'elles ne connaissaient pas ou peu. Cette sélection leurs a permis de découvrir des récits vers lesquels elles n'auraient pas été portés naturellement et de découvrir des univers littéraires très différents. Les sujets des romans de Carole Fives (les enfants du divorce) et Catherine Mavrikis (l'erreur judiciare) ont particulièrement retenu l'attention. Le roman de Serge Joncourt, dont le thème rejoint celui des "Pays", a beaucoup touché. "L'inconscience" de Thierry Hesse  et "Viviane Elisabeth Fauville" de Julia Deck, deux récits plus déroutants, ont suscité plus de retenues.

 

"L'avis des lectrices",

cette chronique donne la parole aux lectrices, et restitue leurs impressions de lecture sur les titres découverts cet automne.

"Que nos vies aient l'air d'un film parfait" de Carole Five :  "Au début, je n'ai pas eu envie d'entrer dans ce livre : à cause du sujet. Je ne comprends pas le style. Je me dis, ce n'est pas de la littérature. Ensuite très vite, je suis prise à la gorge, je suis bouleversée. C'est un livre choral à trois voix, mais à quatre personnages. La narratrice parle pour elle et son petit frère, qui se tait et subit. Le style est adapté à chaque personnage, d'où une certaine réticence au début. Mais, c'est très réussi. Comme une pièce de théâtre, comme un choeur antique, les paroles nous reviennent à l'oreille. Récit court, bien construit. Tragédie intime, banale de notre temps. Drame du divorce et des enfants, dégâts collatéraux de cette séparation". Florence Gruère.

"Rue des voleurs" Mathias Enard : " J'ai aimé suivre Lakhdar, le héros du livre dans sa recherche désespérée du bonheur. Arrivera-t-il, malgré la prégnance de sa religion et de sa culture, à réaliser ses rêves : être libre de voyager, gagner de l'argent, se promener avec sa copine, lire des romans policiers, prier lorsqu'il en a envie ? Mathias ENARD, qui connait si bien la Méditerranée (Rappelons- nous de Zone), nous entraîne avec Lakhdar, de Tanger à Algérisas, puis Barcelone où l'attendent les dangers de l'immigration clandestine, de la survie sans papiers et du fanatisme religieux. C'est un roman haletant, qu'on pourrait qualifier de Stendhalien, qui nous laisse bouleversés." Michèle Mézard.

"Avec « En souvenir d'André » Martin Winckler, publie un livre sur le thème délicat du suicide assisté. Deux voix se répondent : celle d'Emmanuel, jeune médecin et celle de Daniel en train de mourir et qui se souvient de ceux et de celles qu'il a aidées, clandestinement, à mourir. Martin Winckler, écrivain, médecin et également auteur de romans policiers, utilise la forme romanesque du roman à énigme avec révélation finale pour captiver le lecteur, l'obliger à réfléchir et maintenir son attention". Monica Dumont.

"L'inconscience" de Thierry Hesse : "Je fais partie des lectrices qui ont défendu le livre de Thierry Hesse. C'est un récit impeccablement mené malgré quelques maladresses de style, un roman d'aujourd'hu et un portrait actuel de la Lorraine.
Oui, il a des défauts, des faiblesses d'écriture et de construction, les trop nombreuses références au monde du rock sont agaçantes et le titre n'est pas bon. Mais c'est un beau portrait de deux frères, Karl et Marcus, pris dans le monde d'aujourd'hui. Leur destin semblait scellé d'avance et puis non, tout bascule et l'écriture est cette fois-ci juste et sensible. Il n'y a pas tant de romans qui se passent dans le monde d'aujourd'hui et décrivent si justement une réalité sociale, économique et familiale. Ce serait vraiment dommage d'oublier ce texte". Monica Dumont.

 

 

 

 

 

 

Prochainement

lombredelalune

Agnès Mathieu-Daudé, jeudi 7 décembre à 20h.

Agnès Mathieu-Daudé présentera "Un marin Chilien" et "L'ombre de la lune". Des héros presque ordinaires projetés hors de leur cadre, dans une succession d'événements invraisemblables. Il était une fois, Alberto un géologue chilien parti observer une irruption volcanique en Islande. Parce qu'il a bu un café chez la belle Thorunn il se retrouve, à son insu, propriétaire d'une conserverie de poissons hors d'usage. Blanche, trentenaire un peu guindée, travaille dans un musée, fan de football et de peinture, elle convoie une oeuvre de Goya pour une exposition au Prado. Elle se retrouve aux prises avec la mafia chinoise et bientôt fortement éprise d'Attilio, ex-mafieux sicilien qui a repris du service. Mais où vat-elle chercher tout cela ? Laissez-vous porter par les histoires insensées d'Agnès Mathieu-Daudé qui excelle dans la mise en scène de rencontres improbables en se jouant du choc des cultures avec ingéniosité et élégance. Rares sont les auteurs qui nous embarquent, dès les premières lignes, dans des récits apparemment loufoques et débridés mais qui en disent plus long qu'il ne paraît, sur la tentation romanesque tapie en chacun de nous. Deux contes pour adultes qui débordent d'énergie, deux remèdes à la mélancolie hivernale, à lire sans attendre et amicalement prescrits par votre libraire.

Lire la suite...

Connexion